La stratégie de croissance inscrite dans le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) a pour ambition de relever la croissance de l’économie camerounaise à un niveau moyen de 5,5% par an et la part de l’industrie manufacturière à au moins 12% du PIB, à travers notamment la modernisation de l’appareil de production et le développement humain.
C’est dans ce cadre que le Gouvernement, en partenariat avec l’Union Européenne et l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), apporte un soutien au secteur privé national pour la mise en place d’un Centre Technique de l’industrie agroalimentaire au Cameroun.
La promotion des filières de croissance (bois, agro-industrie, BTP/maintenance industrielle), la mise à niveau des entreprises, l’accompagnement des entreprises à la certification et le développement des systèmes de normalisation s’inscrivent parmi les axes majeurs du DSCE.
Des concertations menées au niveau national  et le benchmarking dans  des pays tels que l’Espagne, le Maroc et la Tunisie, qui enregistrent des performances de croissance appréciables, il appert que :
  • les entreprises industrielles des principales filières agroalimentaires expriment des besoins importants d’appuis techniques qui ne sont pas toujours disponibles ou accessibles sur le marché ; le CTA-CAM y apporte une solution.
  • de nombreuses initiatives d’entreprenariat dans l‘agroalimentaire existent au niveau des jeunes promoteurs, mais la faiblesse des capacités, la mauvaise connaissance du marché et de l’environnement économique limite leur performance. Le Centre Technique y apporte des solutions.
  • le Centre Technique de l’Agroalimentaire se constitue également en véhicule d’un certain nombre d’appuis de l’Etat au développement du secteur privé et à la mise à niveau des entreprises, notamment agroalimentaires au Cameroun.
A ce jour, le rôle d’accompagnement de l’Etat est important en l’absence d’initiative privée pour la mise en place de tels dispositifs. Toutefois, le rôle du secteur privé et des organisations professionnelles est encore plus important en soutien et appropriation d’un tel dispositif.
Le Centre Technique de l’Agro-industrie s’intéresse spécifiquement à la filière éponyme dans le cadre des missions traditionnelles des Centres Techniques.
Les activités du CTA-CAM visent à densifier le tissu industriel national, à renforcer la compétitivité des secteurs tel l’agroalimentaire identifiés comme porteurs de croissance et à développer les chaînes de valeur des filières prioritaires.
L’identification des besoins prioritaires des entreprises nationales, inspirés du benchmarking des expériences d’ailleurs, a conduit à la formulation des domaines de compétences et d’appuis techniques prioritaires suivants, qui sont à développer par le CTA-CAM:
  • amélioration de la qualité des produits ;
  • modernisation des procédés technologiques ;
  • optimisation des processus de fabrication ;
  • adoption de normes et de bonnes pratiques d’hygiène et de fabrication ;
  • renforcement des capacités du personnel ;
  • amélioration de la valeur ajoutée ;
  • introduction d’innovations.
Le Centre est donc une structure d’accompagnement de l’industrie agro-alimentaire dans son développement et l’amélioration de ses performances, et qui fournit à l’Etat des avis et informations pertinentes du secteur, nécessaires à la définition des politiques et stratégies.
La forme juridique proposée pour le Centre Technique Agroalimentaire du Cameroun est un Groupement d’Intérêt Économique (GIE), avec une organisation constituée d’une Assemblée Générale,  d’un Comité d’ Orientation et d’une Unité opérationnelle.
Le CTA-CAM est une structure entièrement privée, bien que certaines de ses actions puissent revêtir un caractère d’intérêt général. Les entreprises privées, en tant que principaux bénéficiaires et clients des prestations du CTA-CAM, sont des acteurs majeurs de la gestion et de la promotion du CTA-CAM.
L’Assemblée Générale est ainsi constituée exclusivement des entreprises privées des filières agroalimentaires et connexes, ainsi que des associations, des chambres consulaires et organisations corporatistes ou professionnelles œuvrant dans ces filières. La qualité de membre du CTA-CAM pourrait donner accès à des prestations (assistance technique, formation, information, conseil,…) à des tarifs préférentiels.
L’Assemblée Générale élit les membres du Comité d’Orientation qui est l’organe d’administration et de pilotage du GIE/CTA-CAM.
L’Unité Opérationnelle du CTA-CAM, sous la coordination d’un Directeur, assure la gestion administrative, technique et financière du Centre.
Il est envisagé à moyen terme la mise en place d’un Conseil Scientifique et Technique (CST) en appui à cette unité, avec par exemple des acteurs tels l’IRAD, l’Institut Pasteur, des Universités, et d’autres partenaires nationaux et internationaux des divers secteurs et filières dont les activités peuvent impacter sur le développement du CTA-CAM.
Dans le cadre de la mise en œuvre de sa stratégie de promotion des filières de croissance, l’Etat et ses Partenaires au Développement apportent un soutien à la mise en place, au développement et la réalisation des missions du CTA-CAM en appui au développement des filières agroalimentaires.  Ce soutien s’opère à travers l’allocation des ressources financières sur la base d’un cadre de performance défini entre les deux parties en vue de l’atteinte de certains objectifs de la politique du Gouvernement.
L’appui du Gouvernement à la mise en place d’un Centre Technique de l’Agroalimentaire (CTA) s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie de croissance du Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE). A travers cette stratégie, le Gouvernement du Cameroun ambitionne de relever la croissance à un niveau moyen de 5,5% par an (2010-2020) et la part de l’industrie manufacturière à au moins 12% du PIB, à travers notamment la modernisation de l’appareil de production et le développement humain.
Il est entendu que cet accompagnement du Gouvernement, qui bénéficie du soutien des partenaires au développement, a pour objet de soutenir le démarrage des activités du Centre le temps qu’il devienne progressivement autonome grâce à des prestations payantes aux entreprises et autres acteurs des filières de l’agroalimentaire.
Le Centre constitue également une opportunité pour le Gouvernement notamment dans le cadre de l’élaboration des politiques et stratégies de développement du secteur agroalimentaire, ainsi que pour leur mise en œuvre, notamment la modernisation de l’appareil de production et l’amélioration de la compétitivité des entreprises des filières agroalimentaires. Aussi, le CTA pourrait pour le compte du Gouvernement :
  • se voir confier la réalisation de certaines études ;
  • participer à certains cadre de réflexion et de concertation institués par le Gouvernement en matière d’encadrement des politiques et stratégies sectorielles ;
  • mais surtout assurer pour les entreprises des filières concernées, un rôle de conseil, d’assistance technique et de veille pour leur mise en place, leur restructuration et/ou leur mise à niveau, notamment dans le cadre des mesures d’accompagnement de la mise en œuvre de l’APE intérimaire Cameroun – Union Européenne.
Un plan d’actions prioritaires (PAP) sera adopté et revue annuellement. Ce PAP définit le cadre opérationnel des performances qu’assignera le Gouvernement au CTA.
Le Plan d’Actions Prioritaires (PAP) susvisé, oriente prioritairement les appuis du Gouvernement et de ses partenaires au développement vers la mise en œuvre des actions suivantes :
  • sensibilisation, information et communication sur les activités du Centre avec visibilité des appuis du Gouvernement et des partenaires au développement ;
  • développement et renforcement du partenariat avec les acteurs nationaux et internationaux des filières agroalimentaires et connexes ;
  • Assistance technique à la mise à niveau des fonctions techniques et opérationnelles des entreprises agroalimentaires
  • Conseil et assistance technique sur les choix technologiques et/ou la mise en place d’unités de production agroalimentaires ;
  • Développement des analyses et essais sur les produits de la filière (production locale et importations) ;
  • Formation des acteurs des filières agroalimentaires ;
  • Développement de la veille technologique et diffusion de l’innovation.
Ce cadre de performance fera l’objet d’un suivi régulier et d’une évaluation semestrielle par un comité de suivi à mettre en place par le Gouvernement. Le même comité aura la responsabilité d’orienter les actions objets de l’appui du Gouvernement ou des partenaires au développement.
Les actions arrêtées dans le PAP se feront indépendamment du développement par le Centre de ses activités propres, autant dans les domaines couverts par le cadre de performance que dans d’autres, de manière à assurer son autonomisation progressive et son indépendance financière.